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Une soirée avec Thierry Malandain

Après son triomphe au Palais de Chaillot, le chorégraphe invite le public à une générale.

Egilea
Olivier Bonnefon
Komunikabidea
Sud Ouest
Tokia
Biarritz
Mota
Albistea
Data
2011/02/13
Lotura
Sud Ouest

Et comme si ça ne suffisait pas, mercredi, à 19 heures, à la Gare du Midi, Thierry Malandain et ses danseurs ouvrent gracieusement la générale de « Magifique » (avec l'Orchestre symphonique d'Euskadi) aux membres de l'association qui les soutiennent (Les Amis du Malandain Ballet Biarritz). Un très beau cadeau dont pourra profiter aussi le public, s'il reste des places.

Fâché avec le ministre

Véritable phénomène, Ballet Biarritz (et la danse en général) provoque en effet un raz de marée à la Gare du Midi, à chaque représentation. On attend la grande foule, fin octobre, pour la venue des 105 danseurs et l'ensemble des étoiles du Ballet de l'Opéra de Paris. Thierry Malandain n'est pas étranger à cette « dance fever », lui qui veille désormais sur le festival le Temps d'aimer en plus du Centre chorégraphique national (CCN) biarrot. Et pourtant, l'homme est fâché après Frédéric Mitterrand qui a commandé un audit et souhaite passer de « la culture pour tous à la culture pour chacun ».

« Nos salles sont pleines. La semaine dernière à Noisy-le-Sec et à Nanterre, nous avons encore partagé notre travail avec des jeunes des quartiers. Et pourtant, en haut lieu, on fait comme si le résultat des politiques de démocratisation était un échec. Que la culture n'aurait pas réussi à faire sa place dans les banlieues et les couches défavorisées. C'est nier le travail sincère réalisé par les associations culturelles et les artistes pour créer du lien social. C'est oublier par exemple que les six candidats retenus pour prendre en main le CCN de Rillieux-la-Pape sont des chorégraphes issus de l'immigration. Non, ce qui manque, ce sont les moyens, et la volonté. Notre ministre de la Culture serait plus inspiré de se mobiliser pour une politique d'éducation artistique à l'école qui sauverait du retard éducatif et des inégalités sociales. Un enfant, s'il n'entend pas parler de Mozart ou de Béjart à l'école, s'il n'est pas sensibilisé, il ne pourra probablement jamais les rencontrer. »

Mission de santé publique

Thierry Malandain, dont la transmission est l'une des préoccupations majeures, en veut également aux télévisions publiques. « Pour donner aux jeunes et aux familles la chance d'accéder à autre chose, il serait quand même plus judicieux de programmer les émissions culturelles à 20 h 30 plutôt que 23 heures. »

C'est dans cette logique que le Temps des mômes a rassemblé cette semaine plusieurs centaines de gamins et leurs parents. « C'est un festival, mais pour moi c'est aussi une mission de santé publique », s'exclame Thierry Malandain.

Le chorégraphe, on le voit, n'a pas sa langue dans sa poche. Actuellement, il prépare sa prochaine création. Baptisé « Lucifer », ce ballet, sur une partition du jeune compositeur français Guillaume Connesson, sera présenté cet été. Ensuite, Ballet Biarritz s'envolera pour le Chili afin d'y transmettre « Le Sang des étoiles » au Ballet national, tout en poursuivant la tournée de « Roméo et Juliette ». Deux pièces signées Malandain.

 Thierry Malandain dans le grand studio de la Gare du Midi, où il est déjà en train de créer son prochain ballet, « Lucifer ».  photo P. bernière

Thierry Malandain dans le grand studio de la Gare du Midi, où il est déjà en train de créer son prochain ballet, « Lucifer ». photo P. bernière

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