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Un mariage inattendu dans les mascarades

Mythes. Jauna, le Monsieur des mascarades, serait le père d'Anderea, la demoiselle en blanc

Egilea
Marcel Bedaxagar
Komunikabidea
Sud Ouest
Mota
Albistea
Data
2009/01/23

Bref, ces deux couples ne seraient pas vraiment le Monsieur et sa Dame ni même le paysan et la paysanne, contrairement à tout ce qui a été dit ou écrit jusque-là.

Parrain et père à la fois

Composition des vêtements, description du cortège, mythologie souletine : Juan Anton Urbeltz remonte loin pour avancer sa théorie. Mais sa conclusion est simple.

« Jauna n'est pas le mari d'Anderea. Andere est demoiselle et célibataire. Elle semble représenter la silhouette d'une mariée. Jauna est la représentation du parrain de la noce, en réalité le père de la mariée », écrit Juan Anton Urbeltz.

Pourtant, l'auteur voit bien un mariage dans ces mascarades. À l'instar de l'ethnologue Jean-Dominique Lajoux, qui écrit (1) : « La mascarade souletine peut être considérée comme un rituel permettant de marier les hommes avec l'année dont ils tentent de se concilier les faveurs. »

Mais alors, si elle n'est pas la femme ou la fiancée de Jauna mais sa fille, qui est censé épouser la demoiselle en blanc des mascarades souletines ?

La légende souletine

« Etxekanderea ou laborarisa, la maîtresse de maison, n'est autre que la marraine de la noce. Elle est donc la mère de Laboraria, le bouvier » affirme l'auteur. Par conséquent, pense Juan Anton Urbeltz, le mariage des mascarades se déroulerait entre Anderea, la demoiselle en blanc et Laboraria, le bouvier. Et c'est au bras de leur père et de leur mère et non de leur compagnon ou de leur compagne que les deux apparaîtraient dans les mascarades souletines.

Précisons aussi que dans sa théorie, Juan Anton Urbeltz se réfère à la légende souletine « La Grande Ourse » (2) recueillie par Jean-François Cerquand, dans son ouvrage « Légendes et R écits populaires du Pays Basque ».

Une histoire où un laboureur se fait voler des boeufs et se retrouve avec son domestique, ses enfants, son chien, ses voleurs et ses boeufs, dans les étoiles, en constituant ainsi la Grande Ourse.

Pour l'auteur, Jauna serait le maître des boeufs de cette légende et, par, extension, également un ours ! Mais ceci est une autre histoire.

 

(1) Dans le livret sur les mascarades édité par l'association Sü Azia (consultable sur www.suazia.com). (2) Voir notre article Danse avec les ours du 19 juillet 2008 (www.sudouest.com)

Jauna, véritable patron des mascarades, serait le père et non l'époux d'anderea, la demoiselle en robe de mariée. (photo M.B. )
Jauna, véritable patron des mascarades, serait le père et non l'époux d'anderea, la demoiselle en robe de mariée. (photo M.B. )

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