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Un des pères de Léon

Deces / Manuel Garcia de Andoin

Egilea
Jean Louis Etcheto
Komunikabidea
Sud Ouest
Mota
Kronika
Data
2001/12/28

Au fil des années sa silhouette était devenue tellement familière aux habitants du Petit Bayonne qu'ils avaient fini par croire qu'il avait toujours vécu entre Nive et Adour. Et Manolo Garcia de Andoin, décédé il y a quelques jours à l'âge de 81 ans, n'hésitait pas à affirmer lui-même, avec son truculent accent basque-espagnol, qu'il était « le maire du Petit Bayonne ».



Manolo cependant était né à Vitoria, en 1920, et sa jeunesse coïncide avec la pire période de la répression franquiste. Lui, le musicien et danseur créateur des premiers groupes de danse d'Alava, est suspecté et accusé de propagande illégale. Ses engagements sans concession pour la culture de son peuple lui valent même 7 ans de prison dans les sinistres geôles de Burgos et Carabanchel. Il choisit finalement la liberté en 1968 et se réfugie à Bayonne où il travaillera jusqu'à la retraite aux fonderies de Mousserolles.



Il peut alors s'adonner en toute quiétude à ses nombreuses passions, la musique, la danse et la vie associative en général. Il participe à la création d'Auñamendi et Mengoizaleak. En 1980 on le retrouve à la rue Pelletier parmi les fondateurs de l'association Zahakin dont il est le doyen et l'une des chevilles ouvrières. Avec cette dernière il sera au milieu des années 80 l'un des pères du Roi Léon. Déjà à Vitoria il avait avec quelques amis imaginé le fameux « Céladon » cet angelot qui chaque été descend ouvrir les fêtes de la Vierge Blanche. Une idée qu'il suggère aux jeunes Bayonnais à la recherche d'une innovation originale pour les Cinq-Jours, et d'où émergera finalement la figure couronnée emblématique des Fêtes de Bayonne, avec le succès que l'on connaît. Manolo en sera aussi un des premiers réalisateurs, troquant quelques temps le txistu contre le tournevis et l'agrafeuse, le temps de réaliser la première effigie en tissu. Mais il n'en perd pas pour autant son solfège, et on le voit aussi dans les rues avec son groupe de txistularis, ou avec la tamborrada que ses amis viennent de mettre sur pied. Manolo aimait en effet la fête, les gens, la vie.



PERCUTE PAR UNE VOITURE



Cette vie pourtant le lui rendra bien mal. Après avoir gâché sa jeunesse par la guerre d'Espagne, elle le frappe à nouveau dans son troisième âge. En 1987 lors des fêtes de Leza en Alava il est percuté par une voiture, et, grièvement blessé, condamné à finir ses jours sur un fauteuil roulant. Il ne dansera plus. Gardant toutefois un moral d'acier il demeurera fidèle aux rues du Petit-Bayonne, dans son fauteuil poussé par le fidèle Pitxi. Et il ne manquera pas de se battre contre le parcours du combattant souvent infligé aux handicapés, en dénonçant à l'occasion les trottoirs encombrés, l'absence de rampes d'accès, et autres petits accrocs de leur quotidien.



Cinq ans avant son accident, il avait heureusement reçu à Vitoria l'hommage de la fédération alavesa des dantzaris en présence de ses amis de Zahakin. Sur le parvis de la cathédrale il avait une dernière fois dansé l'aurrezku, reconnaissance tardive mais touchante dans son fief natal. C'est d'ailleurs là, à Vitoria-Gasteiz, que se dérouleront ses obsèques samedi à 18 heures.

Ses amis bayonnais lui rendront quant à eux un dernier hommage dimanche matin, à Saint André, à l'occasion de la messe des Basques où il venait en voisin.

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