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Transmission de l’¦uvre du maître d’Alicante

Cie Antonio GADES / Bodas de sangre - Suite flamenca

Komunikabidea
Le Journal du Pays Basque
Mota
Albistea
Data
2006/09/12

Alors que le rideau est encore clos, les guitares entonnent une mélodie flamenca accompagnant l’esprit du public vers son voyage imminent au c¦ur de l’Espagne. Basé sur l’¦uvre de Frederico Garcia Lorca et créé en 1974, Bodas de sangre est un ballet romanesque traduisant les émotions d’une vie tout imprégnée de passion méditerranéenne.

La jalousie, l’amour, la mort y sont abordés avec austérité, mais aussi et surtout, l’honneur, flambant dans les robes des femmes et les vestes des hommes. On peut davantage parler de mise en scène que de chorégraphie dans ce spectacle où le travail se centre sur l’expression : des faces crispées, des mains resserrées sur un être ou une lame. Il ne manquerait plus que des mots remplacés ici par le sanglot des guitares et la voix vertigineuse des hommes. Un final marquant et courageux où, plongé dans le silence pendant de longues minutes, le public assiste au duel de l’amant et du fiancé dont chaque mouvement est lentement décomposé jusqu’à la chute. Un spectacle beau, à l’esthétique classique, dure et sombre, au rythme lent, progressant dans un certain aspect pittoresque de l’Espagne des années 20.

Puis, la compagnie revisite lors d’une seconde partie, à l’énergie plus constante, les danses avec lesquelles Antonio Gadès commença sa carrière solo, et qui devinrent en 1968, la Suite flamenca. Huit numéros dans lesquels les interprètes, en solo, en duo ou en groupe, effectuent une danse flamenca jugée aujourd’hui classique, au ton pourpre et rageur, et où l’on savoure un flamenco authentique et guttural, enlaçant les nerfs de ses danseurs. Ces derniers, d’une grande harmonie technique, s’abandonnent à cette communion des sens. Un lâcher-prise se manifeste alors, généré par de nombreux rappels des spectateurs, et, comme lors de spectacles d’origine plus gitane, les musiciens eux-mêmes abandonnent un instant leurs guitares pour se livrer à quelques tocas.

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