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Réunis par la danse

« Je me souviens » associe Philippe Oyhamburu, Jean Nesprias et Koldo Zabala

Egilea
Camille Boulongne
Komunikabidea
Sud-Ouest
Tokia
Biarritz
Mota
Albistea
Data
2011/09/28
Lotura
Sud-Ouest

« Ce projet, je l'ai imaginé dès le départ avec eux. S'il en manquait un, je ne le faisais pas, assure Mizel Théret. Ce sont trois personnalités exceptionnelles qui ont consacré leur vie à la danse et à la culture basque. Chacun dans leur coin, sans être toujours copain, ils ont creusé leur sillon. J'avais envie de les réunir sur scène pour des raisons presque sentimentales. Mais il ne s'agit pas de porter un regard nostalgique sur leurs parcours respectifs mais de donner à voir leur humanité. Je n'ai surtout pas cherché à gommer leurs personnalités. Je les ai pris tels qu'ils sont. On m'avait mis en garde et pourtant, en trois mois de répétition, il n'y a pas eu une colère. »

Gestuelle minimaliste

Sans jamais quitter la scène de toute la représentation (62 minutes), les trois vénérables protagonistes sobrement vêtus cheminent, s'assoient, se relèvent, esquissent quelques pas de danse, racontent chacun deux souvenirs en français, basque ou espagnol, s'écoutent, se regardent… « Le ton de cette pièce est assez lent, la gestuelle minimaliste, l'ambiance intimiste », précise Mizel Théret, qui aborde deux thématiques : le vieillissement du danseur et la mémoire du corps. Que reste-t-il après tant d'années de danse ? À 20 ans, le mouvement est très précis. Que devient-il à 80 ans ? « Il devient plus flou, répond le chorégraphe. Et c'est ce flou qui m'intéresse. Pour moi, la danse n'est pas qu'une affaire de virtuosité technique, ce ne sont pas que des corps jeunes à l'esthétique glorieuse. Pour moi, cela sert à transmettre de la poésie, une fragilité, une humanité. »

Vérité de la danse

« À nos âges, la tête comprend les mouvements demandés, le corps beaucoup moins, reconnaît Koldo Zabala, toujours chorégraphe des Ballets Basques Oldarra. Et interpréter son propre personnage, vivre une création de l'intérieur, c'est une épreuve physique et intellectuelle. Au départ, j'étais assez réticent, mais je suis très heureux d'avoir fait cette expérience avec mes collègues. »

« Cette création nous a permis de nous retrouver, poursuit Jean Nesprias, le fondateur Orok Bat, Orai Bat et Erro Bat à l'inamovible béret. Nous avons travaillé chacun dans des voies différentes, sans être tout le temps très content des deux autres. Mais si nous n'étions pas amis, nous le sommes devenus. »

« Depuis juillet, nous répétons tous les matins. Je ne les ai jamais vus fatigués. Ils ont tout le temps donné le meilleur d'eux-mêmes, souligne le chorégraphe. Quelle audace à leurs âges d'oser se lancer dans une création contemporaine ! J'espère avoir plus tard une telle ouverture d'état d'esprit. Ils m'ont beaucoup touché. Je pense qu'ils toucheront le public car on est dans la vérité des corps. Avec la danse, on ne peut pas mentir. »

Au Colisée, ce jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30, dimanche à 16 heures. De 12 à 20 euros. Tél. 05 59 22 44 66.

 Philippe Oyhamburu (90 ans), Jean Nesprias (84 ans) et Koldo Zabala (75 ans) ont relevé le défi lancé par le chorégraphe Mizel Théret.  photo jean-daniel Chopin

Philippe Oyhamburu (90 ans), Jean Nesprias (84 ans) et Koldo Zabala (75 ans) ont relevé le défi lancé par le chorégraphe Mizel Théret. Photo Jean-Daniel Chopin

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