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Preljocaj en quatre saisons mais avec les énergies d’aujourd’hui

Le célèbre chorégraphe revient radieux au festival le Temps d’aimer, inspiré par Vivaldi et un grand soleil

Komunikabidea
Le Journal du Pays Basque
Mota
Albistea
Data
2006/09/14

Il y a quatre ans, Angelin Preljocaj s’était déjà pointé radieux au Temps d’aimer avec Le Sacre du printemps. Celui de Stravinski, tant qu’à faire. Temps qu’à faire, il revient en riant avec les Quatre saisons, un genre de Vivaldi "chaosgraphié", une météo sur-mesure, qui fait oublier la grisaille des supermarchés et des ascenseurs où le concerto opus 8 continue de faire un triste tabac. Dans le morne quotidien, on en oublie la beauté de la musique. "J’avais envie de quelque chose de vraiment solaire", dit-il avec l’appétit d’un gars privé trop longtemps d’ultras violets.

Ombre et lumière

C’est un peu ça. Sa dernière création, intitulée N, était sombre et disait la violence de l’être humain, sa dureté. "On ne joue pas la mort et les massacres impunément", dit-il aujourd’hui en se disant "très affecté", avec ses danseurs, par cette chorégraphie. Mais Angelin Preljocaj, chorégraphe auréolé dans le monde entier, ne reste pas longtemps dans l’ombre. Il était déjà question de gagner la lumière en 1995 et de quitter Toulon après des élections municipales qui ont marqué le triomphe d’un autre N, avec un F majuscule celui-là. Il a depuis gagné sa place au soleil, à Aix-en-Provence, et inaugurera bientôt un nouveau Centre chorégraphique national, appelé Pavillon noir, comme le drapeau pirate. Même topo aujourd’hui, d’ombre et de lumière : "N laminait les corps. Cette pièce soulève les corpsŠ" Après la pluie vient le beau temps. Les quatre saisons s’accordent au "plaisir" et au "jaillissement"Š

L’étoile de Angelin Preljocaj brille dans la création contemporaine mais le chorégraphe d’origine albanaise, qui dit retrouver dans le basque les sonorités de la langue qui a bercé son enfance, s’inspire pourtant souvent de grands classiques. Un Casanova, un Roméo et Juliette de Prokofiev, qu’il présentait à Bilbao l’an passé. Ce Stravinski printanier qu’il dévoilait à Biarritz il y a peu, ou un autre, Les noces, qu’il a créé en 1989.

Pour Angelin Preljocaj, la danse n’a "pas assez relié le classique au moderne". "À l’époque, dit-il, on demandait à Stravinsky de l’innovation, de faire toujours quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, on lui rend hommage en le recopiant tel quel". Pour ce pimpant "presque-quinqua", déjà Chevalier de la Légion d’Honneur et Officier des Arts et Lettres, il faut relire ses classiques "avec des énergies d’aujourd’hui". Apporter sa touche à des thèmes éternels, comme le Roméo et Juliette, ou un simple Déjeuner sur l’herbe qu’on peint Manet, Monet, Picasso, chacun à la sauce de son temps.

Les quatre saisons sont pour Angelin Preljocaj cette "actualisation" du ressenti de ce bon vieil Antonio Vivaldi. Avec une déclinaison personnelle d’un chorégraphe qui a déjà couru la planète et s’interroge : "qu’est ce que j’ai besoin de faire à chaque période de ma vie ?" Il y a bien ces quatre saisons, mais Angelin Preljocaj n’a pas encore connu l’hiver.

Surprise

Alors il tente de se "surprendre" lui-même et se contraint à "sortir de [son] ornière".Refuser de savoir de quoi sera fait l’hiver, c’est déjà célébrer Les quatre saisons dans une musique "pleine d’évocations".Dans cette croisade lumineuse, il a été suivi de près par le plasticien Fabrice Hyber, quelqu’un de "plus fou" qu’un simple adepte du Land Art qui aurait décliné un ciel "trop évident", des saisons trop bucoliques. Lui voulait "un pique-nique bousculé par l’orage", quelque chose "d’atypique, de controversé, de bizarre". Le plasticien le moins évident est bien sûr devenu le plus nécessaire dans cette quête malmenante, qui contraint le chorégraphe avec des objets imposés, apprenti météorologue dans un nuage menaçant, qui interroge le chorégraphe et questionne le comportement commun, la posture routinière dans un ciel changeant chargé d’aventure. Un soleil qui brûle.

· Les quatre saisons

Ballet Preljocaj. Jeudi 14 septembre.21h.Gare du midi.Biarritz.Tarifs de 10 à 35 euros


La Scène de Pays de Garazi prend le temps d’aimer
Le Temps d’aimer la danse ravit le public basque et profite à son tissu culturel, notamment à la seule Scène de Pays en exercice qui s’est engagée, en Basse Navarre, dans de nombreux projets éducatifs en milieu scolaire autour de la danse. En Garazi, on profite donc du rayonnement du festival de Biarritz, en accueillant notamment la Compagnie Geneviève Sorin et son spectacle 3/4 Face, programmé au Temps d’aimer. Il ne s’agit pas de la simple diffusion d’un spectacle, mais de toute une semaine d’accueil en résidence d’artistes de cette compagnie marseillaise. Cette semaine permet à la compagnie de retravailler son spectacle, qui sera donné à Ispoure demain soir (à 21h, salle Faustin Bentaberry) puis à Biarritz ce dimanche. Ce sera aussi l’occasion bien sûr de rencontres avec des établissements scolaires et avec le groupe de danses basques Garaztarrak, lequel en retour sera présent au Temps d’aimer dimanche (à l’esplanade du Casino à 18h), pour présenter le spectacle créé à l’occasion de ses 50 ans, incluant un fameux fandango Hip-hop, justement travaillé lors d’une précédente rencontre avec des artistes en résidence (compagnie Rêvolution). Cette rencontre provoquera peut-être une autre création entre danse traditionnelle et l’univers très contemporain de Geneviève Sorin ? Pour l’heure, le public est donc invité à découvrir la danse exploratoire de la compagnie mêlant 4 danseurs, un piano, des bruitages citadinsŠ sur la transmission et la transformation de la matière. Plus tard, toujours dans cette perspective danse, seront accueillis le spectacle Kutx ala pil de Maritzuli, Soli, de la compagnie Rêvolution, et Ballet Biarritz Junior.

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