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Danse de l’espoir pour âme noire

Bi Harriz Lau Xori débute demain soir avec une création inédite autour des poèmes d’Itxaro Borda

Komunikabidea
Le Journal du Pays Basque
Mota
Albistea
Data
2005/03/23

Comme lui, Itxaro Borda a cru y reconnaître du Rainer Maria Rilke. Le poète allemand qui plaçait la mort au c¦ur de l’existence humaine a inspiré l’écrivaine basque dans sa "descente aux enfers"."Le résultat d’une explosion" commente-t-elle aujourd’hui, après avoir couché dans Hautsak Errautsa bezain {les cendres autant que la poussière} sa lente reconstruction, à renforts étayés de poésie. De ce recueil, qu’elle a publié dans les deux langues, française et basque, naîtra demain soir une "danse de l’espoir" ou se mêlera, pour le festival Bi Harriz Lau Xori, le chant, la poésie, la musique et la danse.Une création où se retrouvent Beñat Achiary, la danseuse togolaise Flora Thefain, Philippe de Ezkurra et son accordéon, le batteur percussionniste Didier Lasserre, l’électro acousticien Pierre Visler et les lumières de Jean-Claude Barboff.



Création bilingue



Une création qui se fera également dans les deux langues et dont le parcours est déjà balisé dans un savant dosage entre texte et chant, musique et mouvement, mais auquel chaque artiste insuffle son propre vécu, sa propre histoire. "C’est une traversée qu’elle nous autorise à faire" explique Beñat Achiary en songeant qu’Itxaro Borda "va découvrir quelque chose de surprenant".Emprunt de ses mots, les artistes vont tenter de restituer "la force qui avance" de textes "courageux", sans "complaisance" ni amertume et appliqué à l’intime.Pour ce faire, Itxaro a suivi les chemins des fleurs, l’Adour et la Nive, comme pour creuser son lit au hasard de la roche. Su ce chemin, elle a croisé un poète chinois, Li Po, qui disait déjà La chanson du chagrin au VIIIe siècle, et que l’on appelait aussi Li Bai, un peu comme un clin d’¦il à l’Ibaia, le fleuve basque, ou à un grand "Bai" affirmatif."Il n’y a rien de romantique dans cette démarche" ressent Beñat Achiary.Juste une "nécessité de transformation" qu’Itxaro Borda scrute dans le lit du torrent, sans concession et sans s’y épancher comme le fit Apollinaire dont le fleuve, "pareil à la peine, s’écoule et ne tarit pas".



âme noire



C’est en suivant ce fleuve et ces oies sauvages qu’Itxaro Borda a refait surface. Son "âme était noire", dira-t-elle à la danseuse togolaise installée en France, Flora Thefain, qui cherchait dans les mots de l’écrivaine les mouvements pour échapper au mal.Danse pour la vie. Et création dévorante qui cherche sa propre existence dansle texte perlé, dans l’écriture qui affleure, qui en donne le sens, l’ancrage et la charpente. Une façon d’exhaler l’¦uvre en lui donnant de nouvelles saveurs. "On ne va pas chercher à emprisonner l’¦uvre" confirme d’ailleurs Beñat Achiary en adepte de l’improvisation et du mélange des cultures.Jeudi soir, le spectacle sera filmé, pour immortaliser l’instant unique et pour prolonger sa vie. Il y a d’abord la volonté de créer un "après au texte" en exécutant cette "danse de l’espoir" comme un épilogue heureux dont tout un pan se fait dans la magie de l’instant. Et puis il y a l’idée de faire ensuite tourner ce spectacle, "des deux côtés de la frontière" dans le cadre du programme Batekmila de l’Institut culturel Basque. Et puis aussi, en France et en Navarre.



Hautsak Errautsa bezain

Bi Harriz Lau Xori. Jeudi 24 mars. Théâtre du casino. Biarritz. 21h.Mise en scène des poèmes D’Itxaro Borda par Beñat Achiary. Tarif de 7 à 18 euros.

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