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«À partir de la diffusion, Biarritz est devenu un pôle de danse entre Bordeaux et Bilbao»

Filgi Claverie / Directeur de la programmation du festival Le temps d’aimer la danse

Komunikabidea
Le Journal du Pays Basque
Mota
Elkarrizketa
Data
2006/09/07

Comment jugez vous le crû de cette 16e édition du festival Le temps d’aimer ?

Certainement plus dense que les années passées. L’an dernier nous avions réduit le festival de deux semaines à une semaine, en densifiant chaque jour le nombre de propositions. Et cette année nous avons encore un peu plus densifié cette offre en proposant une seule représentation par compagnie, ce qui donne l’occasion de faire quasiment le tour du monde de la création chorégraphique planétaire en dix jours.

Pourquoi avoir choisi de densifier à ce point ? Pourquoi avoir renoncé à étaler davantage le festival ?

L’intérêt d’un festival est de regrouper dans un délai assez court beaucoup de propositions, de façon à pouvoir s’immerger complètement dans un concept culturel. Nous étions sur deux semaines, presque 20 jours, et l’on perdait beaucoup ; ça s’allongeait un peu indéfiniment. On se rend compte que le public suit très facilement le concept du festival puisque, l’an passé, en réduisant le programme d’une semaine, nous avons eu le même nombre de spectateurs et même un peu au-delà. Cette année, en proposant une seule représentation par compagnie, on enregistre presque 10% de réservation supplémentaires que l’an dernier à la même date. Ce qui veut dire que le public apprécie de voir beaucoup de choses en une semaine et de s’immerger complètement dans une discipline artistique.

C’est-à-dire davantage l’esprit festival ?

C’est complètement ça. Davantage l’esprit festival, avec plus de spectacles en extérieur, beaucoup de choses très différentes, très hétéroclites, parce que le public est très pluriel, et il faut que chacun puisse trouver ce qu’il aime dans un festival.

Le public est très pluriel, mais on reproche aussi au Temps d’aimer d’être trop éclectique, pas assez spécialisé. Est-ce parce que le public n’est pas assez spécialisé ?

Moi je crois que faire des festivals spécialisés est un concept d’inscription culturelle, mais je ne suis pas persuadé que ce soit le public qui soit l’objectif dans ces cas-là. Je crois que Le temps d’aimer vit de l’argent public et donc que cet argent public doit revenir en priorité au public. Le public est pluriel incontestablement. Il n’y a pas qu’un public pour la danse classique ou la danse contemporaine. Il y a de tout. Je crois que le public doit être au centre de notre objectif. C’est pour cela que Le temps d’aimer est éclectique et hétéroclite. Tant que je serai directeur de la programmation, il le restera.

Vous évoquez dans la présentation du programme une "fin de travaux", un "nouveau visage du centre de Biarritz". Qu’est-ce que la construction de ces structures, dont le Conservatoire national de région, apporte au Temps d’aimer?

Je crois qu’il est extrêmement important de voir qu’on est partis, historiquement il y a 16 ans, en créant un festival de danse. À partir de ce travail de diffusion uniquement, nous sommes maintenant arrivés à faire en sorte que Biarritz devienne un pôle de danse en Aquitaine, moi je dirais entre Bordeaux et Bilbao, un pôle de danse important, avec un moment de diffusion très important, des lieux de formation, en particulier avec le Conservatoire national de région qui vient de s’installer, un pôle de création avec Ballet Biarritz et tout son côté diffusion dans le monde entier. Cela veut dire que c’est une véritable politique culturelle qui s’est créée à partir d’un festival. Et l’on n’est pas resté uniquement sur de la diffusion, sur de l’éphémère. Au contraire on a voulu faire en sorte qu’ici ce soit consolidé. Et le fait que le Conservatoire se soit installé ici, le fait qu’il y ait des relations de plus en plus fortes avec le Cefedem [Établissement supérieur de formation initiale au Diplôme d'Etat et continue aux métiers de la danse et de la musique en Aquitaine, NDLR], le centre de formation des professeurs de Bordeaux qui viennent de plus en plus souvent ici, fait que c’est la globalité du processus de création-formation-diffusion qui est réalisé à partir du Pays Basque. Je crois que c’est un plus énorme pour le Pays Basque.

Comment s’articule ce pôle? Quelles sont les interactions entre les différentes structures ?

Il y a plein d’interactions au quotidien. Cela ne se ressent pas en termes de création, mais dans notre travail quotidien, cela se ressent. Par exemple, le festival a besoin de beaucoup de lieux de travail pour les compagnies. On reçoit en dix jours 21 compagnies dont plusieurs qui sont diffusées le même jour. Ce qui veut dire que chacune a besoin d’un lieu pour s’échauffer, pour faire sa classe, pour répéter son spectacle. Ils ne peuvent pas s’installer dans les théâtres et prendre du temps à la technique, donc il faut qu’on trouve des lieux de danse à l’extérieur. Le Conservatoire se met à notre disposition et prête ses locaux. Ballet Biarritz prête également ses locaux. Même des écoles privées prêtent leurs locaux au Temps d’aimer. Les "Bac danse", qui sont en seconde et première cette année, viennent à tous les spectacles du festival parce qu’on est en train de leur constituer un potentiel de spectacles de danse qu’ils n’auraient pas la possibilité d’avoir et qu’ils ont là en quelques jours. Ils nous le rendent en constituant un blog où tous les jours ils font leurs critiques et donnent leur vision du festival. Des interactions, il y en a en permanence et le fait que l’on ait tous ces intervenants de la danse, cela nous permet d’avoir ces interactions que l’on n’avait pas tout à fait au début lorsque l’on a commencé. C’était alors très difficile de trouver des lieux de travail pour les compagnies, ou bien d’avoir des liens avec les lycées ou les écoles. Petit à petit, tout ça a fait que le festival s’est enrichi. Cela fait par exemple plusieurs années que les jeunes qui font des projets culturels à l’UPPA sont présents sur les scènes ouvertes du festival. Moi je crois que cela crée tout un bouillonnement autour de la danse, et que cela enrichit encore plus tout ce que l’on peut proposer

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