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Bayonne : la danse basque, c'est plus que de simples pas

Article abonnés Des centaines de danseurs basques célébreront leur art, samedi, à l'occasion du 51e Dantzari eguna (jour du danseur). Beñat Zintzo-Garmendia explore son sens profond
Komunikabidea
Sud Ouest
Mota
Albistea
Data
2016/09/27
Lotura
Sud Ouest

Pour Beñat Zintzo-Garmendia, c'est un moment précieux : « L'événement est rare au Pays basque nord (français, NDLR). Il ne revient qu'une fois tous les cinq ans. » Samedi 1er octobre, Bayonne accueillera le 51e Dantzari eguna (jour du danseur), qui ne traverse les Pyrénées qu'une fois tous les cinq ans, ordonnancé cette année par Orai Bat. « Vous avez cinq fédérations de danse basque qui organisent cette grande fête chacune leur tour. Nous n'en avons qu'une côté français. » Alors le danseur originaire de Toulouse et son groupe, Eguzki Loreak Dantzan, ne manqueront pas ce jour spécial.

C'est une manière pour Beñat Zintzo-Garmendia de participer à la défense de la culture basque. Une autre consiste, pour cet historien et anthropologue, à amasser les connaissances sur l'art de la danse et les partager. Il le fait depuis trente ans, inlassablement. Le week-end dernier, il était déjà à Bayonne pour une conférence. « Cette fois, je voulais transmettre à quel point le dantzari a joui d'un statut social respecté par le passé. »

En grève

Une réalité historique qui dit l'ancrage de cet art et au-delà, de la culture basque. « Par exemple, saviez-vous que les danseurs les plus considérés pouvaient garder des décennies durant le nom de leur personnage de danse. Certains baptisaient même leur maison de ce pseudonyme. C'était une vraie marque de respect. » Et de mentionner Joannes Quirno, qui dansa à Saint-Jean-de-Luz pour le nouveau roi d'Espagne, en 1701.

« Il gagne à cette occasion le nom de ‘‘dantzari''. Sa maison le prend aussi. Et tout son quartier. Peu de gens savent que lorsqu'ils vont à Dantcharia, ils vont en réalité dans le quartier du danseur. »

La danse est affaire sérieuse. Il passe à travers elle beaucoup de sentiments, des codes sociaux. La danse dit beaucoup de la région où elle s'épanouit. Les habitants l'investissent de symboles. « Son importance était telle que les élus mettaient leur nez dans la désignation des danseurs pour les fêtes locales. Il fallait les meilleurs, car l'honneur du village était en jeu. »

Le corps des danseurs forme une institution. « De l'autre côté, j'ai vu des gars en conflit avec le maire faire la grève le jour du carnaval. Je les ai vus, au fin fond du Gipuzcoa, en costume, refuser de danser tant qu'ils n'avaient pas obtenu ce qu'ils demandaient. »

Forcément politique

L'historien narre encore, au XVIIIe siècle, ce jour de la fête de la Antigua, à Zumarraga, où une troupe a refusé de danser dans l'église. « C'était un grand honneur que d'être désigné. Ils ont protesté en ne le faisant pas. Ils ont été enfermés. »

En tant que fait culturel, marqueur identitaire, la danse basque n'est pas sans relief politique. « Un peuple ne s'affirme pas que par un territoire. Mais aussi par une langue, une histoire et une culture qui en est le fruit. Ce n'est pas pour rien que le premier Dantzari eguna a eu lieu à Biarritz, en 1965. »

Tant que Franco n'a pas été déboulonné, il n'a pas pu se tenir côté espagnol. « La dimension politique a d'ailleurs porté la pratique. Et au-delà du franquisme. J'ai connu un Dantzari eguna incroyable, en 1980, à Bayonne. Nous étions plus de 4 000 danseurs ! Un truc incroyable ! »

Ce ne sera pas le cas, samedi. La danse marque un peu le pas. Mais « cette culture ne se perdra pas », pense Beñat Zintzo-Garmendia. Lui s'y em

Beñat Zintzo-Garmendia explore depuis trente ans l’histoire de la danse basque

Beñat Zintzo-Garmendia explore depuis trente ans l’histoire de la danse basque ©Jean-Daniel Chopin

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