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20ème festival Le temps d'aimer la danse à Biarritz

Egilea
Céline Musseau et Olivier Bonnefon
Komunikabidea
Sud Ouest
Tokia
Biarritz
Mota
Albistea
Data
2010/09/12

A quoi tient la réussite d'une soirée d'ouverture ? Parfois à des forces aveugles comme les caprices des grandes marées d'équinoxe, quand les vagues viennent lécher dangereusement la scène posée sur le sable. Parfois à des petits riens comme cette quête à la dernière minute de vingt paires de chaussettes blanches uniformes (!) pour les danseurs du Ballet de Lorraine.

Vendredi, Le Temps d'aimer a débuté avec « Tragic/Love », une pièce écrite par Stephen Petronio, pour ce même très bon Ballet de Lorraine, à partir de lettres envoyées à la Fondation Juliet de Vérone. L'amour, sujet éternel, mais forcément périlleux. La preuve en est cette création qui laisse un peu sur sa faim.

Avec une réserve d'emblée sur les projections, tellement illustratives. Un volcan en éruption, un corps à corps entre lion et zèbre, des oiseaux, un baiser. Quel dommage ces images qui montrent la douceur et la violence de l'amour. Elles parasitent ce qui se passe sur scène. Trop dire, trop expliciter tue parfois le sens, et surtout l'émotion. Les lettres lues sur scène, si elles dévoilent de multiples et belles façons d'aimer, atténuent finalement le propos.

Grande et belle embrassade

Mais il y a la danse, la musique (excellente partition de Ryan Lott, aidé de Prokofiev, évidemment),… Et les vagues. Derrière la scène, en fond du décor, le sac et ressac de l'océan en écho aux vagues de l'amour. Un écrin sublime pour parler de sentiments. Mais il faut oser.

« L'amour, est-il demandé dans une des lettres, c'est trébucher ? Plonger ? Ou rester indéfiniment au bord du précipice ? »

Stephen Petronio questionne lui aussi, esquisse des réponses, mais il nous laisse un peu au bord de la scène. Il invente de beaux duos, de beaux moments de danse, notamment lors d'une grande et belle embrassade, généreuse, sensuelle, globale. Quand les danseurs, tous réunis sur scène, se serrent, garçons et filles, garçons et garçons.

Ou quand ils sont en déshabillés, en nuisettes, et que l'on partage leur intimité, on se sent débordé d'amour.

Mais ces débordements sont souvent toujours un peu trop bordés.

Officier des arts et lettres

En prélude à cette soirée offerte au public de la danse biarrot, si attentif, si captivé, Brigitte Lefèvre, directrice de la danse à l'Opéra de Paris, a élevé au rang d'officier des arts et lettres Thierry Malandain.

Cette cérémonie qui suivait la générale de « Roméo et Juliette », dernière création du chorégraphe de Ballet Biarritz donnée hier soir, a été émaillée de quelques petites phrases. Pour Brigitte Lefèvre, Thierry Malandain « connaît plusieurs langues de la danse et il les fait vivre suivant son intuition liée à la musique ».

Quant au directeur artistique du Temps d'aimer qui a reçu également la médaille d'or de la ville, il espère que ces décorations lui « permettront de rester humble ». Et de rappeler que Marius Petipa n'avait reçu en son temps qu'une médaille de… sauvetage en mer !

Ce soir, sera l'occasion de découvrir les nouvelles œuvres du danseur Étoile Kader Belarbi et de le voir danser dans un duo écrit spécialement pour lui par Mats Ek, « Tulips ».

La soirée intitulée « Entre d'eux » réunit quatre pièces, que l'on espère intenses, vibrantes de passion et d'énergie, à l'image de celui qui les présente.

 Beaux moments de danse en ouverture mais débordements un peu trop bordés.  photo bertrand lapègue

Beaux moments de danse en ouverture mais débordements un peu trop bordés. photo bertrand lapègue

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