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La Pamperruque

Thierry Malandain

La danse en Côte Basque # 34 - Plages d'histoire

La Pamperruque

 

Selon, Curt Sachs, musicologue allemand, c’est à  partir du XVIème siècle que les danses de cour et les danses populaires prirent des chemins divergents. Cependant, les deux genres vont continuer à s’influencer mutuellement comme le montre une danse originaire de Bayonne dénommée: la Pamperruque. Danse de plein air, la Pamperruque voit le jour à l’aube du XVIIIème siècle. Gracieuse et raffinée, elle serait l’aboutissement d’une farandole populaire qui alla en se perfectionnant pour aboutir à une danse précieuse, attirant l’attention de tous. Pour René Cuzacq, qui lui consacre une étude en 1942, l’étymologie du nom n’est pas assurée. Certains l’écrivent en deux mots pan-perruque, pan évoquerait

Pamperruque ilustrazioa

alors le bruit du tambour, tandis qu’en un seul mot, il faudrait le rapprocher de per les arrues, locution gasconne signifiant par les rues. Car la Pamperruque déroule son cortège à travers les places et les rues au son du tambour. Plus fantaisiste, celle qui veut y voir une allusion à la richese des costumes, laissant les demoiselles apparaître comme des perruches. « Elles portaient un casaquin de droguet blanc, ornés de rubans couleur de rose découpés, la jupe de même avec le falbala ; un tablier de gaze bordé et garni de souci d’hanneton, l’écharpe, le noeud d’épaule et celui des cheveux en couleur de rose. Elles étaient coiffées en cheveux avec des fleurs artificielles ; elles avaient un petit chapeau de carton couvert de rose et de blanc, avec des rubans ondés et bouillonnés qui tombaient sur un côté. Dans le même goût, les cavaliers avaient une veste de droguet blanc garnie sur toute la taille de taffetas de couleur rose, l’écharpe, le noeud d’épaule et la cadenette comme les demoiselles. Ainsi s’exprime le Mercure de France en 1742. D’autres hypothèses s’offrent encore, mais rien n’est sûr. Il en est de même pour l’origine du mot « dabe-dabe ». Les dabe-dabes forment la partie savante de cette danse ambulatoire, et sont exécutés devant les maisons des personnes à honorer. Les participants forment alors un cercle en se tenant par la chaîne d’un ruban, tandis que les tambours qui accompagnaient la marche, se taisent pour laisser place aux instruments. Parfois, la personne célébrée prend place au milieu de la ronde, comme le fera le Comte d’Artois en 1782 lors de son séjour à Bayonne. On note que le « chef de la danse » appelé aussi « roi de la danse » est armé d’un bâton enrubanné avec lequel il marque les pas et les temps qu’il fallait observer. « Tout s’executoit avec une précision et d’une manière si uniforme qu’on auroit cru qu’un seul corps faisoit tous ces mouvements » rapporte un témoin. À l’origine peu de danseurs participent à la Pamperruque, ainsi le 20 décembre 1781 pour célébrer la naissance du dauphin.

 

Pamperruque Maritzuli

 

 

Elle comprenait huit cavaliers et sept demoiselles. « fils et filles des magistrats et des notables » note Blay de Gaix. Mais d’autres sources témoignent d’évenements où la farandole initiale se déroule sans fin. Comme le rapporte le Mercure de France à propos d’une fête donnée en 1744 par M de Roll Montpellier, maire de Bayonne, aux fins d’honorer la convalescence de Louis XV. La nation entière faisait de même, mais au château de Montpellier sur les bords de l ‘Adour « La fête fut terminée pr une danse générale de pays, nommée la Pamperruque, les tambours battant un air extrêmement gay, toutes les dames, les cavaliers, les paysans et les paysannes faisait une chaine qui tenait tout l’enclos ». Cette danse semble être liée  à la douceur du XVIIIème siècle, et là, où elle évoulait gracieuse, la tumulte de la révolution va ensanglanter les rues et les places. « Fruit d’un art achevé, La Pamperruque pouvait s’incliner sous la dureté des temps ou céder aux volte-face de la mode. Qui maintenant consacrerait de minutieuses préparations à cet amusement, sinon à cette amusette ? Les nouveaux riches apparus n’ont pas au coeur ce qu’il faudrait pour apprécier cette oeuvre aux lentes préparations » constate René Cuzacq. Toutefois, en 1802, avec la paix revenue, le maire de Bayonne fait paraître cette ordonnance « La jeunesse est invitée à danser la Pamperruque pour rappeler l’ancien usage où étaient les bayonnais de célébrer leurs fêtes pur cette danse qui aura lieu de 8 heures jusqu’à 10 heures du soir ». En 1808, l’Empereur est en visite à Bayonne, il s’installe au château de Marracq et on relate que dix hommes et sept femmes dansèrent la Pamperruque sous ses fenêtres. L’empereur resta jusqu’à ce que la danse fût terminée ; il envoya ensuite complimenter les danseurs sur leur talent. Selon René Cuzacq, sans doute pour donner quelque couleur exotique, les danseurs sont décrits s’accompagnant de tambourins et de castagnettes. L’auteur y voit le signe du déclin de cette danse, car comment jouant de ces instruments, les danseurs pouvaient-ils se tenir par la main, former une ronde pour danser les dabe-dabes avec les rubans? Six ans plus tard, l’Empire s’est écroulé et au passage du Duc d’Angoulême, on offrit des sauts basques et la Pamperruque : « ces danses locales si expressives, si pittoresques et si simples à la fois » rapporte un contemporain. Pour Rné Cuzacq, il s’agit là du dernier témoignage relatant officiellement d’une interprétation de la Pamperruque. Il faudra attendre presque deux siècles et l’initiative de Claude Iruretagoyena* pour que cette danse,  ressurgissant du passé, déroule son cortège à travers les rues de Biarritz. C’était en septembre 2001.


*Directeur artistique de la Compagnie Maritzuli, professeur de danse traditionelle et choréographe, Claude Iruretagoyena est accueilli en résidence au CCN.

Sources :
La Pamperruque-René Cuzacq-1942.
Remerciements à Madame Fouquet, Château de Roll Montpellier, Saint-Laurent de Gosse : Bâti en face de la commune d’Urt, il appartenait à la famille de Roll Montpellier ( négociants bayonnais). Le 20 Septembre 1744, dans ses jardins à la française fut donnée une fête champêtre, à l’occasion de la convalescence du Roi de France. Les de Roll ont eu leur importance dans l’histoire de Bayonne et la vie municipale de Saint Laurent.

 

Thierry Malandain: "La Pamperruque. La danse en Côte Basque", in Bulletin d'Information du Centre Chorégraphique National, Num. 39, Ballet Biarritz.

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