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Comment la danse basque réunit-elle ses acteurs au Nord et au Sud ?

Retour sur la conférence au sujet de la danse basque organisée par le Malandain Ballet Biarritz. Animée par Pantxoa Etchegoin, une table ronde a réuni six acteurs de la danse.
Egilea
Laurent Platero
Komunikabidea
Naiz
Mota
Albistea
Data
2018/11/26
Lotura
Naiz

Dans le cadre de son Rendez-vous basque, la saison danse organisée conjointement par Biarritz Culture et le Malandain Ballet Biarritz a vu ce dernier proposer à la médiathèque une conférence le 10 novembre dernier. Avec Pantxoa Etchegoin de l’Institut culturel basque, en maître de cérémonie, six intervenants du Pays Basque ont pu faire part de leur expérience pour tenter de répondre à la thématique du jour au sujet de la danse basque : comment les danseurs du Pays Basque Sud et ceux du Pays Basque Nord s’enrichissent-ils mutuellement ?

Le tour de la table ronde a permis à chacun d’apporter dans un premier temps une anecdote sur une collaboration avec un confrère de “l’autre côté”. Claude Iruretagoyena, de la compagnie Maritzuli de Biarritz, explique ainsi l’importance du travail transfrontalier, précisant l’enrichissement provoqué par les rencontres : “J’ai appris que seul, on n’est pas grand chose. Il faut travailler avec ses voisins, il faut regarder plus loin. Parce que par moment, on se retrouve confrontés à des choses qu’on ne voit plus ici mais qui existent ailleurs”.

Nagore Martinez, responsable de production de Kukai Dantza, a parlé quant à elle des formations mises en place par sa compagnie pour inviter des danseurs “des deux côtés de la frontière”.

Des ambitions retenues

L’occasion pour Johañe Etchebest, chargé de missions à Iparraldeko Dantzarien Biltzarra, de rappeler les dispositifs mis en place par la structure pour sensibiliser et former les danseurs. “Pour nous, il n’y a pas de frontière. Pratiquement tous les groupes de danse ont envie de travailler avec l’autre côté.”

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La table ronde en langue basque traitait de la danse basque. © Laurent PLATERO

La danseuse Joana Olasagasti a pu faire part des nuances émanant des personnalités des artistes : “au niveau de l’enseignement, ils ont une pédagogie, une discipline et une humanité différentes. Ils ont une volonté qui sort des tripes pour transmettre. Si on veut apprendre les danses de Gipuzkoa, autant l’apprendre avec quelqu’un de Gipuzkoa”.

Adriana Pous, de la compagnie Dantzaz, a porté un discours optimiste mais teinté d’ennui. Soulignant le lien que sa structure opère entre les professionnels et les amateurs, les nordistes et les sudistes, elle n’a pas manqué de rappeler l’implication et l’importance d’organisations comme le Malandain Ballet Biarritz, et les belles choses qui naissent, telle l’option art-danse du lycée Malraux. Selon elle, un frein gène cependant l’évolution de ces partenariats : “les politiques n’osent pas parier”.

Une maison de la danse

Cette petite phrase a ouvert chacun à se confier sur les difficultés évidentes de structures culturelles, à évoluer dans un monde où la beauté de l’art est contrainte par la disgrâce monétaire. “Je me demande comment nous arrivons à tenir”, explique Nagore Martinez. “Nous devons miser sur des pièces plus courtes, des spectacles de rue plutôt qu’en salle”, précise Pascale Lascano de la troupe Zarena Zarelako.

“On est dans un pays de richesse et il n’y a pas de conservatoire. Je n’ai pas une idée passéiste, mais les danseurs traditionnels ont le droit de danser, et pas uniquement sur les places. Je suis inquiet sur l’avenir”, indique Claude Iruretagoyena. Adriana Pous a ainsi mené la discussion vers la nécessité d’évoluer encore dans les partenariats : “il faut réfléchir : comment faire ce fameux conservatoire ?”.

Johañe Etchebest a rappelé que des premiers pas ont été faits en ce sens : “le conservatoire Maurice Ravel commence à parler d’un parcours de danse”. Et Joana Olasagasti de conclure : “il nous manque une maison de la danse. C’est très compliqué, il y a un manque d’infrastructures pour créer”. La conférence a duré près de deux heures et laissé ouvert la voie vers de nombreux débats, peut-être abordés lors d’un hypothétique prochain Rendez-vous basque.

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